Ladbrokes gagne une nouvelle bataille juridique en Norvège contre le monopole étatique des jeux en ligne
On a appris le 30 mai dernier que la cour de justice de l'organisation de libre-échange EFTA (qui regroupe la Suisse, la Norvège, le Liechenstein et l'Iceland) a donné raison à la société anglaise Ladbrokes en considérant que la Norvège enfreignait les règles du marché de l'EFTA et de l'Union Européenne.
En interdisant l'accès au marché des jeux d'argent à la société Ladbrokes et en l'autorisant à des seules sociétés norvégiennes (telles que Norsk Tipping et Norsk Rikstoto), la cour a jugé qu'il s'agissait d'une atteinte à la liberté des services dans l'espace européen.
Il est intéressant de noter que la cour s'est opposé à l'argument avancé par les monopoles selon lequel l'argent récolté servait à financer des oeuvres sociales en Norvège. "La finalité de l'utilisation des fonds récoltés ne peut être utilisé pour justifier une atteinte à la liberté d'entreprise".
Ce jugement paraît d'autant plus inétressant que les fondements juridiques entre les textes de l'EFTA et de la Communauté Européenne sont identiques. Ce jugement pourra donc servir de base et d'arguments supplémentaire pour les défenseurs de la libéralisation du marché des jeux d'argent en ligne en Europe.
La décision finale est du ressort de la cour d'Oslo.
Le droit des jeux a son site web : gaminglaw.eu
Ces trois dernières années, le droit de l'internet a été fortement marqué par l'explosion des litiges liés aux jeux en ligne.
Des jeux vidéos en réseau aux jeux de hasard en ligne, les litiges et interrogations juridiques se sont développés de manière exponentielle.
Qu'il suffise de citer : la protection des mineurs face aux contenus violents de certains jeux, la répression de sites de paris sportifs par des monopoles nationaux attachés à leurs privilèges, des problèmes de droit de la concurrence entre casinos en ligne et loteries nationales, de la qualification au regard du droit d'auteur des jeux vidéos, la libéralisation annoncée des jeux d'argent en ligne, et son cortège de procés au niveau européen comme au niveau national. Sans parler des lois qui foisonnent, dans des sens parfois très différents selon les pays : depuis la répression des sites de jeux d'argent à la française jusqu'à la régulation libérale à l'anglaise.
Après tant de développements législatifs, jurisprudentiels et doctrinaux, il était temps qu'un site portail spécialement dédié au sujet voie le jour.
C'est chose faite depuis peu avec le lancement de gaminglaw.eu , une initiative conjointe de 4 cabinets européens spécialisés en droit des jeux.
Le site ne se veut pas exhaustif mais contient l'essentiel de l'information : décisions de justice, lois, commentaires, actualités, dossiers et conférences sur le thème des jeux en Europe.
Une source d'informations incontournable pour ceux qui s'intéressent à cette matière controversée, aux enjeux financiers et de société fondamentaux.
La police nationale fait la chasse à Unibet
La police est intervenue samedi matin dans un tournoi de Poker afin d'éliminer toute promotion d'Unibet, une société de jeux d'argent interdite d'activité et de publicité en France. Les policiers ont ainsi interrompu un tournoi éliminatoire du France Poker Tour pour saisir tous les supports où apparaissait le logo d'Unibet, partenaire du tournoi, jetons compris.
04.06.2007: L'interdiction des jeux de la Française des Jeux : un faux-semblant pour leurrer Bruxelles ?
Dans un article très intéressant, Etienne Wery, avocat aux barreaux de Bruxelles et Paris (cabinet ULYS, membre Eurojuris), met en lumière l'hypocrisie de la nouvelle loi visant à interdire, à partir du 1er Juillet, de vendre des jeux d'argent aux mineurs.
Etienne Wery rappelle que les textes qui ont organisé les activités des casinos et du PMU prévoient de longue date l’interdiction de jeu pour les mineurs. La Française des Jeux ne bénéficiait jusquà maintenant pas des mêmes obligations. Une anomalie historique en quelque sorte.
Le gouvernement a donc réparé cette erreur par deux décrets du 7 mai 2007 (le premier relatif à l'organisation et à l'exploitation des jeux de loterie, et le second relatif à l'organisation et à l'exploitation des jeux de pronostics sportifs).
Mais Etienne Wery note que si le gouvernement s’en était tenu à l’interdiction, il n’aurait été critiquable que pour son épouvantable lenteur : cette mesure était attendue depuis des décennies.
Par contre, le gouvernement est autrement plus critiquable lorsqu’après avoir créé l’interdiction, il offre une porte de sortie illégale à la FDJ.
Le décret de 2007 stipule en effet que « « Nul ne peut être tenu pour responsable du non-respect de la disposition précédente s'il a été induit en erreur sur l'âge du ou des mineurs concernés ».
Sur l’internet, il suffirait par exemple d’un simple bandeau d’entrée « J’ai plus de 18 ans » pour être exonéré alors que l’on sait combien ces bandeaux sont sans effet sur un mineur qui souhaite entrer sur un site.
Il suffirait de dire qu’on a été induit en erreur par l’apparence du mineur, pour être exonéré. Le buraliste pourrait aussi mettre un avertissement dans le lieu de vente et considérer, à l’instar du bandeau d’entrée sur le site web, que le mineur qui achète malgré cela l’a induit en erreur.
On voit mal comment tolérer cette exonération pure et simple de responsabilité lorsqu’on la confronte avec le principe général de responsabilité pour faute reconnu au niveau constitutionnel.
Etienne Wery conclu : "Cette initiative, aussi tardive que maladroite sur le plan juridique, pourrait bien se retourner contre la France. L’exécutif bruxellois n’est pas dupe : créer une interdiction assortie d’une clause d’exonération aussi large et de toute évidence illégale, montre que le but est de créer une virginité de façade qui n’abuse personne."
Bwin gagne deux nouvelles batailles juridiques
Les Etats ont de plus en plus de mal à empêcher les opérateurs de jeux en ligne d'offrir leurs services.
Coup sur coup, Bwin a ainsi été reconnu dans son droit en Autriche et Allemagne par les tribunaux.
Dans la première affaire, la justice autrichienne (en substance, la Cour de Justice Commerciale de Vienne) a rejeté le recours intenté par la société Omnia Communication-Centers GmbH pour interdire la société Bwin de proposer des tournois de casinos et de poker en ligne sur son site Internet. La justice autrichienne a jugé que les 2 sociétés n'étant pas concurrentes et que, donc, le recours n'était pas recevable, laissant ansi le champ libre à Bwin pour proposer des jeux de casinos et de poker sur son site de paris en ligne.
Dans le même temps, en Allemagne, la justice munichoise a rejeté la demande de l'Etat de Bavière d'interdire la promotion du site Internet de Bwin sur son territoire, en raison de "l'impossibilité technique de filtrer les joueurs bavarois". Cette décision va ainsi permettre à Bwin de faire la promotion de son activité en Bavière, en toute légalité !